Le tribunal de commerce de Paris a été construit en 1865 par l’architecte Bailly dans le cadre du réaménagement de Paris voulu par Napoléon III et mis en place par Haussmann. Construit entre l’Hôtel Dieu, la caserne (qui correspond aujourd’hui à la préfecture de police) et en partie à la place d’un théâtre (qui lieu même avait été construit à la place de l’église Saint Barthélémy), le Tribunal de Commerce occupe aujourd’hui une bonne partie de l’ile de la Cité.

Le bâtiment était initialement séparé en deux avec d’un côté le Conseil des Prud’hommes de la Seine avec son entrée rue Aubé et le tribunal de commerce de Paris avec son entrée boulevard du Palais qui permettait de traverser la rue pour rentrer directement dans le Palais de Justice. Aujourd’hui, chacune des entités nécessitant de plus en plus de place, le bâtiment abrite uniquement le tribunal de commerce et l’entrée se fait par le Quai de la Corse.


tribunal_de_commerce_-_jmhullotPhoto de JM Hullot récupérée sur le site Jolpress

Vu de l’extérieur, le bâtiment semble être étrangement proportionné avec un porche d’entrée complètement excentré et pas du tout centré par rapport à la façade… c’est vrai et c’est normal car le portail devait être dans l’axe du boulevard de Sebastopol. Sur cette entrée, de nombreux symboles que l’on retrouvera partout lors de la visite : l’aigle, le N de Napoléon, la balance de la Justice, la muraille de Paris, le bateau symbole de Paris…

En entrant dans le tribunal, le visiteur passe rapidement entre deux lions majestueux (la force de la justice) qui gardent l’accès à un magnifique escalier en marbre à double volute. Cet escalier monumental et majestueux permet d’accès au premier étage qui contient la majorité des salles du tribunal de commerce.
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Dans des niches, des statues allégoriques avec métiers avec les arts industriels, les arts mécaniques, le commerce terrestre et le commerce martine.
Au dessus de l’escalier : un énorme dôme à huit pans et avec des oeils de bœufs sculptés. Cette coupole est à double niveau (j’utilise ce mot faute de mieux), c'est-à-dire qu’il y a deux coupoles : une que l’on voit de l’intérieur et une autre que l’on voit de l’extérieur…. les deux étant séparés de presque huit mètres… l’idée étant de faire quelque chose de joli et illuminé à l’intérieur mais également d’avoir un joli rendu extérieur : il faut donc construire une double structure.

Au premier étage, le visiteur découvre la petite salle des pas perdus ou la salle des pas perdus à caissons qui abrite quatre figures représentatives de quatre dates importantes dans l’histoire de la justice :
- 1563 : Michel l’Hopital qui œuvra toute sa vie pour la simplification du droit français
- 1673 : Colbert avec son ordonnance sur le commerce (code Savary) qui régule les opérations commerciales
- 1807 : Napoléon I qui ordonne la rédaction du premier code du commerce
- 1865 : Bailly avec la création du Tribunal de Commerce

A ce même étage, différentes salles de jugement dans lesquelles je vous recommande de pénétrer, certains sont richement décorées avec par exemple de très grandes peintures ou tapisseries des Gobelins.

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De retour au rez-de-chaussée, il est impossible de manquer la grande salle des pas perdus en forme d’atrium corinthien avec ses colonnes et son puits de lumière. On ne peut que regretter que lors de travaux d’agrandissement au début du siècle, le toit initial : une grande verrière en acier, ait été détruite pour permettre la construction d’un toit plus moderne et construire de nouveaux étages sur les côtés du bâtiment.


Le Tribunal de Commerce
34 quai des Orfèvres, Paris 1
Gratuit